Xian (prononcez Chiane) est une grande ville qui semble vouloir conserver son centre historique, entouré de remparts. La balade dans le centre est assez agréable, entre grands immeubles modernes et quartier musulman de la communauté Hui, il y en a pour tous les goûts.

La pluie du premier jour nous laisse tranquille pour aller rendre visite à la fameuse armée de terre cuite retrouvée à quelques kilomètres de Xian. Ce que nous voyions sur le site n’est que la partie visible de l’iceberg commandé par l’empereur Qin (prononcez Tchine), le premier à avoir unifié la Chine à coup de conquêtes et de guerre.

Dans sa folie (ou son bon sens, qui sait ?), il a voulu être enterré avec une armée très puissante et tout ce qu’il lui faudrait dans le monde d’après la mort. Son tombeau a donc été commencé à son accession au trône, à 13 ans. Le travail a duré pendant 38 ans (jusqu’à sa mort quoi). Ce qui est impressionnant, c’est que chaque soldat est différent : le visage, les cheveux, chaque détail est travaillé ! Il y en a même qui ont des semelles anti dérapantes !

Nous les découvrons petit à petit, commençant par le musée qui explique tout, puis les deux fosses plus petites découvertes plus récemment, et enfin, la grande découverte en 1974. C’est très impressionnant, surtout quand on sait qu’il y en a encore des tas d’autres à découvrir.

C’est un témoignage inédit sur l’organisation de l’empereur Qin, des habitudes de l’empire à cette époque (vers 231 av. JC).

Les Chinois hésitent à déterrer ce qu’il y a encore à découvrir, (il y aurait une reconstitution de bâtiments administratifs et d’un palais, sous terre) de peur d’abimer ces trésors historiques et archéologiques. Ils préfèrent attendre patiemment que les techniques de conservation s’améliorent et que l’Homme soit capable de protéger un tel site. Et puis aussi, ça fera du tourisme en plus…

Après cette incursion dans l’Histoire de Chine (et vous savez que j’adore l’histoire !), nous voilà repartis pour un train de nuit, assis en dur, pour rejoindre Pingyao, petite ville épargnée par la modernité. Le trajet dure 9h, mais beaucoup moins confort que nos 35h, nous ne dormirons pas beaucoup, mais encore des rencontres sympas. Heureusement que nos voisins de siège nous avertissent quand est notre arrêt, à 6h du matin. Difficile de se frayer un chemin parce que les gens montent avant qu’on soit sorti avec nos gros sacs. Bah, dans ces cas-là, quand on entend que le train va repartir, bah la seule solution c’est de se comporter comme un Chinois et… de pousser tout le monde coûte que coûte !

 Heureusement, on nous attend en voiture de golf allongée pour nous emmener jusqu’à notre auberge, en plein centre du vieux Pingyao. Nous passons quelques jours sympas, hors du temps à déambuler dans les rues agréables de cette petite ville restaurée. Les touristes chinois semblent autant apprécier que nous leur patrimoine historique et cette architecture si particulière qui fait la renommée de la Chine.

C’est ici que nous aurons l’impression d’être des stars : on nous prend en photo à la dérobée ou en nous demandant, on nous fait coucou et nous aurons le droit à une séance d’autographes en bonnes et dûes formes. En sortant un peu des rues touristiques, nous allons à l’exposition internationale s’il vous plait, de photographie de Pingyao.

Là, des collégiens chinois viennent nous voir. Une fille lit son questionnaire en anglais à Viv : aimez-vous Pingyao ? Aimez-vous la Chine ? Aimez-vous le boeuf de Pingyo (un boeuf fumé très connu en Chine). Après quoi, elle lui demande d’écrire son prénom dans son carnet. Et là, toute la classe se précipite vers nous pour nous demander de signer leurs carnets. Au bout d’une trentaine, on se dit qu’on a dû faire toute la classe, là… Mais les collégiens continuent de défiler, carnet et stylo à la main, nous assenant des « xièxie » (à prononcer chiéchié) ou « thank you » timides ou téméraires selon personnalité. Une jeune fille m’offre même son stylo, une autre veut se prendre en photo avec nous… Un moment magique quoi ! Lorsqu’on leur dit qu’on va arrêter, ils comprennent très bien et nous disent au revoir, non pas sans nous suivre quelque temps, histoire de savoir ce que deux touristes peuvent faire dans ce coin !

Nous gardons un super souvenir de Pingyao à cause de ces rencontres, mais aussi de l’auberge super sympa où nous avons bien mangé (le poulet sauce aigre douce… miam ! La serveuse riait à chaque fois qu’elle nous entendait commander ce plat !). Des rencontres avec des Français aussi, ça faisait quelques temps que nous n’avions pas croisé de compatriotes, et bien là, 3 soirs de suite, 3 rencontres avec des voyageurs français. Nous nous rendons compte que, vraiment, nous effectuons le trajet inverse que la plupart des gens empruntent quand ils viennent en Chine. Outsiders nous ? En tout cas, c’est du coup, beaucoup plus simple pour nous d’obtenir des billets de train pour Beijing, on se pointe à la gare, et hop on a nos billets.